Cercle Littéraire des écrivains cheminots (CLEC)

Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots

Union artistique et intellectuelle des cheminots français

Le CLEC à Marseille en juin 2014

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Les rendez-vous du Vieux Port

Ils sont venus, elles sont toutes là : Gérard, Patrick, Philippe, Régis et Catherine, Françoise, Liliane, Marie-Christine, accueillis à Saint-Charles par notre Précieux Guide Denise. D’emblée, le programme subit une première dérogation, la houle trop forte ne permettant pas l’excursion au château d’If. C’est Notre Dame de la Garde qui se substitue donc à la prison. Pour effectuer La montée du Vieux Port vers l’église nous empruntons le bus n° 60. Et c’est à cette occasion que l’on vérifie un des clichés liés à Marseille : l’abondance des sardines et leur entassement. Dans le bus il est facile de constater l’intimité physique du voisinage. Le bus montera-t-il la côte ? …Oui ! À un arrêt intermédiaire, une dame enceinte tente de l’emprunter. Une voix proche suggère qu’il s’agit là d’un infanticide anticipé…

Sur l’esplanade de la Bonne Mère, les littéraires ( !!!) que nous sommes, rompus à la lecture intensive, renoncent cependant à lire l’ensemble des exvotos : il faut dire que la récurrence est rude. Un, toutefois, retient l’attention. Il précise que c’est la grâce de la Bonne Mère elle-même, qui a permis sa protection et donc d’échapper à sa destruction en aout 1944. Je perçois des réflexions dubitatives. Nous rejoignons le centre-ville en marche douce, visitant au passage l’abbaye Saint-Victor, un des plus vieux édifices moyenâgeux de la ville. Une crypte romane, de superbes sculptures en pierre ou marbre, un Lazare à la face peu accueillante et de nombreux sarcophages, dont l’un du IIIe siècle, nous annonce-t-on, porte le joli nom « des Petits Eros Forgerons ». La curiosité en émoi, je le cherche fébrilement, en vain !

Nous déambulons ensuite dans le Vieux Port en attendant le dîner et une adhérente du Clec, une autochtone, Daniela qui nous rejoint au restaurant. A noter que les pizzas sont excellentes et copieuses. Régis qui à opté pour une « grande » avoue sa surprise, mais en vient à bout. Avant de rejoindre l’hôtel, nous décidons de boire un verre à l’Hôtel Intercontinental, -superbe bâtiment haussmannien- puissamment éclairé, à deux pas de l’Hôtel de Ville et du ferry-boat (le célèbre Ferri boite de la trilogie de Marcel Pagnol). Nous ne garderons pas un grand souvenir de l’accueil de la serveuse.

Le lendemain, c’est sans Daniela, qui la veille à regagné ses pénates, mais avec Pierre, un autre « local », que nous nous apprêtons à rejoindre le château d’If. Las, munis pourtant de billets, l’embarquement nous est refusé au prétexte que nous sommes trop nombreux, neuf ! Nous nous rabattons sur un navire qui nous embarque, mais refuse de nous débarquer à If, la houle, encore elle, interdit l’accostage ! Nous sommes dirigés vers le Frioul qui possède un petit port de plaisance protégé des flots tumultueux. Sur l’ile, Denise organise un atelier d’écriture consacré à Marseille et au Comte de Monte-Cristo. Et chacun, chacune de plancher avec les lettres M-A-R, et de rivaliser avec Alexandre Dumas en réécrivant l’incipit de son célèbre roman dont l’intrigue se situe à deux brassées d’ici. Déjeuner sous la tonnelle de quelques tapas. Après tout le cosmopolitisme phocéen a bien dû s’enrichir aux contacts des Catalans, Castillans, Sévillans et autres Ibères.

De retour sur le continent, nous entreprenons la visite du fort Saint-Jean, et de l’aménagement réalisé autour de celui-ci, du Mucem, (musée des cultures de l’Europe et de la Méditerranée) du Palais de la Méditerranée, du musée de Provence et de la Major (la célèbre cathédrale de Marseille et sa structure de marbre et de porphyre). Un miracle d’architecture et d’urbanisation qui n’appelle que des superlatifs. Le soir nous dînons dans un restaurant associatif situé au cœur d’un ensemble culturel et médiatique (on y tourne la série télévisée « Plus belle la vie !») Rejoints par Daniela et Marie-Bernard, une seconde « locale », une philosophe qui officie avec bonheur dans notre revue, nous assistons à une pièce de théâtre Bar du Zénith de Michel Volpès dans le cadre du 16e festival de « Théâtre amateur-Marseille 2014 ».

Autant le dire, le rythme soutenu de la caisse claire d’une batterie appartenant à un groupe de pop se produisant sur une scène avoisinante a gravement gêné l’écoute de la pièce. Le lendemain matin, notre Précieux Guide nous entraîne, sans la philosophe ni Marie-Christine reparties, mais avec Daniela et Pierre revenus, visiter le vieux quartier du Panier. A noter que ce départ matinal a été mouvementé. Françoise a raté le bus… Grace à l’intervention diplomatique de Philippe auprès du chauffeur, nous accueillons, après une course haletante et deux stations plus tard, notre Françoise fortement essoufflée. Le Panier, quartier populaire et très animé habituellement, est, ce dimanche matin ensoleillé, étrangement calme et bucolique. Boutiques décorées avec humour, huisseries fleuries, tags intimistes et fresques colorées, et in fine (on dirait le sud comme chantait l’autre) le linge bariolé, qui sèche, pendu aux fenêtres.

Au cœur du quartier, l’ancien hospice de la charité rénové, reconverti en musée, offre une exposition sur le « visage », joyeuse, éclectique, intelligente, vivante. Nous y croiserons, entre autres, Picasso, Magritte, Warhol. En sortant, Patrick et Françoise filent vers la gare. Nous restons six à partager le repas dominical, face au vieux part et à la Bonne Mère, place de Lenche, la plus ancienne place de Marseille. Ici se trouvait l’agora grecque et plus tard le forum romain.

Merci Denise, notre Précieux Guide.

Gérard Gonac'h